C’était un navire de croisière, un paradis voguant sur la mer
Lune de miel idéale où peuvent fleurir des relations sincères
Laissant sur le quai les larmes, les armes et la misère
Les drames se fanent et se crament les méfaits de la guerre
Les étoiles diffusent l’amour dans tous les regards
Cupidon est assis sur son trône au summum de l’espoir
Récite les leçons du bonheur aux enfants tard le soir
Dans leur cœur glisse des rêves à la place des cauchemars
Si la colombe fait naître un nourrisson qui pleure
C’est pour sortir de l’ombre deux êtres vivant dans la douleur
Un ange couronne la nouvelle famille de fleurs
Le bateau avance, efface au passage toutes les erreurs
Gravées sur l’ancre, les valeurs de l’Humanité
Pour encrer dans les pensées un simulacre de respect
Oublier l’indifférence et ces sourires trop forcés
Nos différends sont des souvenirs d’ores et déjà camisolés
Trop calme… ces songes devenus si réels
Les galères qui nous rongent perdues dans le ciel ?
Non à l’horizon je vois la tempête du siècle
Ma joie prend déjà congé pour préparer des obsèques
La réalité rattrape ce sommeil qui nous apaise
Coupe nos ailes pour qu’on tombe sur un lit de braises
Comme les bombes qui ne laissent que des prothèses
Des trombes de sang rappellent les catacombes et le Père Lachaise
La vérité ? L’injustice qui alimente tous nos propos
Humiliés, seule la peur oriente notre immense paquebot
Aujourd’hui la haine d’un monde enfante nos futurs égaux
La jeunesse gronde son innocence derrière les barreaux
Les promesses de la République deviennent un châtiment
Noyées dans l’alcoolisme où se perdent les sentiments
Maman ton fils se drogue oui c’est un délinquant
Voilà ce qu’est l’adolescence aux yeux des parents
C’est terminé, certes les mots sont durs et très graves
Notre chemin barré de murs n’est plus qu’une enclave
Quelques survivants ne mesurent pas leur statut d’esclave
Qui remplace la Liberté, ne laisse au destin qu’une épave
Le paradis se transforme en enfer, la politique en guerre
Les sourires s’enterrent, nos cœurs deviennent pierres
Le voyage se poursuit mourant sur une civière
Alors qu’un paysage se dessine, enfin une terre
Pas de plage juste le chant nocturne d’un cimetière
Des messages en bouteille contenant les pleurs d’une mère
Un champs de mine renfermant l’agonie des suicidaires
Les SOS perdus dans les cendres d’une plaine sanguinaire
A bout de force, écumée par le temps et ses méfaits
L’écorce du navire est pelée par un hiver provoqué
Par un accident nucléaire d’après les autorités
Balayés par la guerre, victimes d’un crime contre l’Humanité
De nos rêves de bonheur, ne reste que la mélancolie
Et ce soir je pleure devant l’épave de nos vies…
Je ne laisse pas souvent de commentaires, tout simplement parce que je ne sais jamais quoi dire. Tout ce qui pourrait sortir de mes doigts me semblerait tellement fade à côté de ce que je viens de lire !
J'apprécie tes textes, je les lis, les savoure, je les dis à voix haute, j'essaie de placer ma voix, de placer des sonorités, j'essaie de le lire comme tu pourrais le déclamer. J'essaie, mais malgré tout, je pense être bien loin de ce que cela pourrait donner.
A petite dose, je découvre tes textes, un à un, je les lis et y pense. Il m'est impossible de quitter ce site sans y revenir.
un texte puissant !!! tu sais décrire sans haine ... juste une vérité ... je comprends Isa dans son dernier poème !!! et ce qui es sur c'est que tu ne manques pas de maturité !
bravo à toi !
sylvie bilou
et tu as bien su nous le montrez qu'il était important pour toi.....tes mots, la tournure de ce poème.......une autre façon de toi...une autre facette quelque part.....que j'ai eu plaisir à lire, à découvrir ! Merci David !
bisous
Chriss
tu as un talent et un potentiel énorme!
ce poème m'a donné les larmes aux yeux; il est triste mais magnifique!
toute la vérité se trouve dans ton texte plein de maturité et d'émotions
un grand bravo
Magnifique !
Rêver d'un monde parfait puis se réveiller et revenir à la réalité, c'est tellement dur que l'on souhaite parfois le sommeil eternel...
Bravo pour ton poème !